Bienvenue dans la foire aux questions! Vous trouverez dans cette page un grand nombre de réponses aux questions qui sont régulièrement posées par les pharmaciens. Celles-ci sont classées par thématique pour faciliter votre recherche.

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En tant que pharmacien(ne), vous pouvez amorcer, ajuster ou substituer des médicaments dans plusieurs contextes, de même que prolonger des ordonnances. Avant d’exercer toute activité de prescription, vous devez réaliser une évaluation clinique complète.

Cette évaluation repose sur l’ensemble des renseignements que vous recueillez afin de bien comprendre la situation et les besoins de votre patient(e). Elle vous permet d’exercer un jugement professionnel éclairé quant à la pertinence de prescrire ou non un traitement.

L’évaluation ne peut être déléguée

L’évaluation clinique ne peut pas être déléguée à un(e) autre professionnel(le) de la santé. Ainsi, à titre d’exemple, vous ne pourriez pas décider de prescrire un médicament en vous basant uniquement sur l’évaluation réalisée par un(e) collègue infirmier(ère).

Vous pouvez toutefois appuyer votre évaluation sur des informations recueillies par d’autres intervenant(e)s, incluant par exemple l’évaluation d’un(e) autre professionnel(le) de la santé ou la collecte de renseignements faite par un(e) ATP. Cependant — et c’est important — il vous revient de déterminer quels éléments doivent être validés auprès de votre patient(e) pour compléter votre analyse et poser votre jugement clinique. Autrement dit, les renseignements fournis par d’autres intervenant(e)s constituent un point de départ, mais c’est à vous d’en confirmer l’exactitude et la signification pour la situation clinique.

La collecte de données, l’analyse de celles-ci et la décision de prescrire font partie d’un continuum clinique. Ces étapes sont intimement liées et contribuent ensemble à la qualité de votre intervention.

En conséquence, vous demeurez pleinement responsable de :

  • L’évaluation clinique de votre patient(e);
  • La décision de prescrire ou non un traitement;
  • Le conseil, la documentation et le suivi liés à cette décision.

L’exercice de vos activités professionnelles repose sur la rigueur de votre évaluation clinique et sur la responsabilité professionnelle qui en découle.

Et si la situation dépasse vos compétences?

À la suite de l’évaluation, il vous revient également de déterminer si la situation relève de vos compétences. Dans le cas contraire, veuillez référer votre patient(e) à un(e) collègue pharmacien(ne) ou à un(e) autre professionnel(le) de la santé, selon la situation.

Avant de procéder à la substitution d’un médicament prescrit pour un animal par un autre ayant la même dénomination commune, il est préférable de communiquer avec le médecin vétérinaire prescripteur.

Rappelons qu’un produit destiné aux humains ne présentera pas toujours le même degré d’efficacité et d’innocuité que le produit homologué1 pour les animaux et pourrait même être toxique, notamment en raison des excipients utilisés. De plus, les médicaments vétérinaires font l’objet de règles2 particulières, notamment pour les animaux destinés à consommation.
_____________________

1 La cascade décisionnelle thérapeutique pour la sécurité des animaux et du public
2 Politique sur l’utilisation des médicaments en dérogation des directives de l’étiquette (UMDDE) chez les animaux destinés à l’alimentation – Gouvernement du Canada

Non. Les pharmacien(ne)s ne peuvent pas agir comme signataires d’une ordonnance collective ni d’une ordonnance individuelle d’ajustement. Ces ordonnances doivent obligatoirement être signées par un(e) professionnel(le) autorisé(e) à les émettre, soit un médecin ou un(e) infirmier(ère) praticien(ne) spécialisé(e) (IPS), conformément au cadre légal et réglementaire en vigueur.

Vous pouvez toutefois, dans les limites de vos compétences professionnelles, amorcer ou ajuster une thérapie médicamenteuse en vertu d’une ordonnance individuelle ou collective déjà signée par un médecin ou une IPS.

Pour plus de détails, veuillez consulter le Guide d’exercice – Les ordonnances collectives du Collège des médecins du Québec ainsi que le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin.

Un décompte de particules viables est jugé non conforme lorsque le nombre d’unités formant des colonies (UFC) sur les géloses dépasse la limite acceptable selon la norme ISO applicable1. Plus le nombre de viables est élevé, plus le risque de contamination des préparations stériles augmente.

Actions à poser :

  • Renforcer le nettoyage et la désinfection des zones concernées.
  • Effectuer rapidement des prélèvements de contrôle pour confirmer l’efficacité des mesures correctives.
  • Analyser la cause : la contamination peut provenir du personnel, mais aussi d’un problème de ventilation ou d’un filtre HEPA défectueux.

Mesures supplémentaires à envisager :

  • Suspendre temporairement la préparation de produits stériles ou réduire les dates limites d’utilisation (DLU), notamment si :
    • des particules viables sont détectées dans l’enceinte de préparation stérile (EPS);
    • plusieurs décomptes non conformes sont observés;
    • les préparations sont destinées à une clientèle vulnérable (ex. : oncologie).

En cas de non-conformités répétées :

  • Identifier les micro-organismes pour déterminer la source et adapter les produits d’entretien.

Même si le décompte se situe à la limite supérieure acceptable, il est recommandé d’agir rapidement pour éviter une tendance problématique lors des prélèvements suivants.

1 Voir les normes 2014.01 (p. 64) ou 2014.02 (p.74)

L’objectif de la prolongation est d’éviter l’interruption d’un traitement prescrit à un patient. La décision de prolonger et la durée de prolongation relèvent de votre jugement professionnel. Il n’y a pas de liste de conditions de santé permises ou non pour cette activité. Peu importe la situation clinique, pour prendre votre décision, vous devez effectuer une démarche qui inclut notamment d’évaluer les besoins de votre patient, d’analyser la situation et d’effectuer les suivis appropriés. En tout temps, vous devez exercer votre profession avec compétence et selon les données scientifiques et les normes professionnelles reconnues.

Voici quelques questions à vous poser pour exercer votre jugement professionnel, considérant que l’arrêt brusque d’un médicament peut causer un préjudice important à votre patient :

  • La stabilité de la condition traitée : Est-ce que le patient présente des signaux d’alarme?
  • La thérapie prescrite : Est-ce que j’ai l’ensemble des informations sur l’efficacité et la sécurité du traitement chez ce patient?
  • La possibilité pour le patient d’obtenir une nouvelle ordonnance à court terme : Quels sont les délais réalistes dans ma région pour que le patient soit pris en charge par un autre professionnel?
  • Le risque associé à l’interruption de la thérapie : Quel est le risque encouru par le patient si je refuse de lui servir à nouveau ces médicaments?

Peu importe votre décision, vous devez bien la communiquer au patient et la documenter dans son dossier.

Mise à jour en décembre 2025

En tant que pharmacien(ne), vous pouvez être amené(e) à envisager la substitution entre deux médicaments qui ont la même dénomination commune, mais dont les indications officielles diffèrent. Cette pratique, bien que légalement possible, soulève des considérations cliniques et éthiques.

Ce que vous devez savoir

  • Substitution légale et encadrée
    Vous pouvez substituer un médicament par un autre ayant le même principe actif, et ce, même si l’indication officielle rattachée au nom commercial est différente (ex. : Wegovy® (Semaglutide) et Ozempic® (Semaglutide), Mounjaro® (Tirzepatide) et Zepbound® (Tirzepatide), Proscar® (Finasteride) et Propecia® (Finasteride), à condition que :

    • La substitution soit nécessaire et bénéfique pour le patient.
    • Le consentement éclairé du patient soit obtenu.
    • Une surveillance appropriée de la thérapie soit réalisée.
  • Différences d’indications
    Lorsque les indications officielles diffèrent selon le nom commercial (ex. : perte de poids vs diabète, hypertrophie bénigne de la prostate vs alopécie), il est essentiel que le patient comprenne ces différences en tenant compte de l’objectif thérapeutique recherché et des implications cliniques de la substitution.
  • Motivation économique et remboursement
    La substitution ne doit pas être motivée uniquement par des raisons financières. Toutefois, elle peut être envisagée si le coût du médicament compromet l’accès ou l’usage approprié de la thérapie. Les règles de remboursement imposées par les assureurs publics et privés compliquent souvent la situation, mais c’est au patient ou à son représentant de juger si le coût constitue un obstacle financier.
  • Démarche clinique complète
    Avant de procéder à une substitution, il est essentiel d’adopter une démarche complète. Celle-ci doit tenir compte des particularités cliniques du patient, du problème de santé traité et des caractéristiques du médicament concerné. Dans certains cas, un ajustement de la posologie peut s’avérer nécessaire, ce qui dépasse le cadre d’une simple substitution et exige une vigilance accrue de votre part.
  • Documentation
    Toute substitution doit être justifiée et documentée de manière claire, complète et centrée sur le patient. Cette documentation doit inclure le contexte clinique, le raisonnement ayant mené à la décision, ainsi que le suivi prévu.
  • Communication interprofessionnelle
    Il est recommandé d’informer le prescripteur surtout en cas de différence d’indication ou si un ajustement de dose est requis pour assurer la sécurité et la qualité des soins.
  • Consentement éclairé et évaluation des risques
    Vous devez évaluer les risques liés à la substitution et obtenir un consentement éclairé du patient.
  • Enjeux éthiques et sociétaux
    Au-delà des considérations pharmaceutiques, certaines préoccupations éthiques méritent votre attention. Celles-ci touchent notamment l’accès équitable aux traitements, la médicalisation de certaines conditions, ainsi que les enjeux liés à la prévention et à la responsabilité sociale.

Pour plus d’informations sur la substitution, consultez le Guide d’exercice – La substitution d’un médicament.

Oui, il est possible de les utiliser, mais uniquement pour les produits stériles non dangereux, et sous certaines conditions.

Conditions à respecter

1. Matériaux adaptés et entretien rigoureux

Les EPI réutilisables doivent :

  • Être fabriqués à partir de tissus non pelucheux;
  • Résister à des lavages répétés sans compromettre leur intégrité.

Sélection des EPI :

  • Blouse : tissu non pelucheux, manches longues, fermeture au cou et aux poignets.
  • Masque : tissu non pelucheux, couvrant le nez et la bouche.
  • Bonnet et couvre-chaussures : tissu non pelucheux, couvrant entièrement les cheveux et les pieds.
  • Tous les EPI doivent être exclusivement réservés au SCAS.

Entretien :

  • Lavage après chaque usage selon un cycle validé (température, détergent, durée).
  • Procédure de nettoyage permettant d’éviter la contamination croisée.

Inspection :

  • Vérification de l’intégrité et de la propreté avant chaque utilisation (absence de déchirures, taches, usure).

Traçabilité :

  • Chaque EPI est identifié (code, lot, nombre d’utilisations) et inscrit dans un registre.


2. Réutilisation encadrée

La réutilisation est permise si le processus de nettoyage est validé et documenté. Il faut également :

  • Définir le nombre maximal de réutilisations;
  • Établir les critères de retrait de la circulation (usure, dégradation, perte d’intégrité, etc.);
  • Mettre en place une procédure de traçabilité et de suivi de la conformité de chaque EPI.


3. Évaluation continue des pratiques

Les types d’EPI utilisés doivent être réévalués régulièrement afin d’assurer la sécurité du personnel et la qualité des produits.


En résumé

L’utilisation d’EPI réutilisables est autorisée, mais sous des conditions strictes. Ils doivent être :

  • Conçus pour un usage en milieu contrôlé;
  • Entretenus selon des protocoles validés;
  • Conformes aux normes en vigueur.


ATTENTION :

  • Non applicable pour la préparation de produits stériles dangereux.
  • Les gants doivent être stériles et à usage unique.

La manipulation des médicaments dangereux exige une attention particulière et le respect de normes rigoureuses pour assurer la sécurité du personnel, des patients et de l’environnement. Voici les bonnes pratiques à adopter en matière d’entreposage, d’étiquetage, de préparation, de remise aux patients et d’élimination des déchets, en tenant compte des risques associés à chaque type de médicament et des exigences réglementaires en vigueur.

À noter : nous vous encourageons à établir une liste des médicaments dangereux disponibles dans votre milieu et à la mettre à jour périodiquement.

ENTREPOSAGE
Les médicaments cytotoxiques (ou antinéoplasiques) doivent être entreposés séparément des autres médicaments afin que le personnel puisse facilement les identifier et appliquer les mesures de sécurité appropriées. Les espaces de rangement doivent être clairement identifiés à l’aide du symbole de danger « Cytotoxique ».

Quant aux médicaments dangereux non cytotoxiques, ils peuvent être rangés dans une section distincte, selon l’analyse de risque effectuée. Si jugé pertinent, une étiquette « Précaution » peut être apposée afin de sensibiliser le personnel au type de médicament manipulé et aux précautions à respecter.

MANIPULATION
Tous les médicaments dangereux ne présentent pas le même niveau de risque. Il est donc essentiel de réaliser une analyse de risque pour chacun d’eux. Cette analyse doit prendre en compte le type de médicament, la nature de la tâche à effectuer et le profil du manipulateur. Elle permettra de déterminer l’équipement de protection individuel requis ainsi que l’environnement approprié pour effectuer la préparation. Ainsi, le port de gants conformes à la norme ASTM D6978-05, d’une blouse jetable de chimiothérapie et d’un masque adapté (chirurgical, N95 ou à cartouches) pourrait être nécessaire. L’utilisation d’une enceinte de sécurité biologique peut également être exigée selon la tâche.

Le matériel utilisé pour la préparation des médicaments cytotoxiques doit être exclusivement dédié à cet usage et ne doit pas servir à la préparation d’autres médicaments, y compris les médicaments dangereux non cytotoxiques. La préparation doit se faire dans un espace clairement identifié, et le matériel ainsi que la surface de travail doivent être décontaminés après chaque utilisation à l’aide d’un détergent (eau et savon ou lingettes nettoyantes). Il est important de noter que l’alcool isopropylique à 70 % est inefficace pour désactiver les produits ou médicaments dangereux; son évaporation rapide contribue plutôt à étendre la contamination.

Par mesure de précaution et pour protéger à la fois le manipulateur et l’environnement, il est recommandé de ne pas couper les médicaments dangereux, car cette action peut libérer des particules dans l’air. Si nécessaire, vous pouvez conseiller à votre patient d’utiliser un coupe-pilule à la maison, tout en vous assurant que cette pratique est sécuritaire.

Ensacheuse
À l’exception des médicaments cytotoxiques, qui doivent être exclus en tout temps, l’utilisation de l’ensacheuse pour les autres médicaments dangereux doit être évaluée avec soin. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte, notamment la forme pharmaceutique (ex. : avec ou sans enrobage) et les caractéristiques du produit (génotoxicité, tératogénie, cancérogène, etc.). Nous vous recommandons de procéder à une évaluation de la situation adaptée à votre milieu de pratique, puis de documenter votre décision.

Étiquetage
Qu’ils soient distribués en boîte, en fiole ou via un outil d’aide à l’administration (OAA), les médicaments dangereux doivent avoir des étiquettes auxiliaires bien visibles afin d’attirer l’attention et d’encourager une manipulation prudente. Selon le type de médicament, vous pouvez utiliser les étiquettes « Cytotoxique » ou « Précaution ».

VENTE DE MÉDICAMENTS DANGEREUX
Les seringues préparées commercialement doivent être utilisées lorsque la concentration et le volume correspondent aux besoins du patient. Toutefois, si la concentration prescrite n’est pas disponible sur le marché ou si le volume requis ne convient pas, un pharmacien doit préparer une seringue personnalisée pour le patient.

La mise en seringue des médicaments dangereux exige des manipulations dans un environnement contrôlé, conformément à la norme sur la préparation de produits stériles dangereux. Ainsi, si le pharmacien ne dispose pas des installations requises, il doit faire appel à un collègue possédant les compétences et l’équipement nécessaire pour effectuer cette préparation en toute sécurité.

Par ailleurs, lorsqu’un pharmacien remet des seringues de médicaments cytotoxiques à un patient, il doit s’assurer que ce dernier a reçu une formation sur la manipulation sécuritaire du produit, ainsi que sur les mesures à prendre pour protéger son environnement, l’entreposage approprié et l’élimination sécuritaire des déchets.

GESTION DES DÉCHETS
Les déchets cytotoxiques doivent être détruits dans des incinérateurs autorisés, à haute température. Ils ne doivent pas être jetés avec les déchets biomédicaux destinés à la décontamination par autoclave et à l’enfouissement. Des contenants clairement identifiés avec le symbole de danger « Cytotoxique » doivent être utilisés pour leur collecte.

Il est donc essentiel de faire appel à une entreprise spécialisée dans la destruction des médicaments ou déchets cytotoxiques. Il convient de s’informer auprès de cette entreprise des exigences concernant les types de contenants acceptés (sacs ou boîtes de carton étanches, contenants spécifiques, etc.) afin d’assurer une prise en charge conforme. Le respect de ces règles est crucial pour protéger les travailleurs qui manipulent ces déchets et pour garantir une destruction sécuritaire et respectueuse des normes environnementales.

Enfin, tout le matériel ayant été en contact avec des médicaments dangereux doit être éliminé avec les déchets dangereux.

QUELQUES RÉFÉRENCES

Dans un contexte professionnel alliant efficacité et qualité des soins, la clarté dans la communication avec les patients peut faire une réelle différence; non seulement pour eux, mais aussi pour vous. Prendre quelques secondes pour expliquer vos services et les frais liés contribue à éviter les malentendus et à renforcer la confiance.

À quel moment et comment aborder la question des frais?

Souvent, le sujet des frais (facturés au patient ou à un tiers payeur) est peu ou pas abordé, ce qui peut entraîner de la confusion ou des réactions d’incompréhension. Lorsque les circonstances le permettent, expliquer de façon claire ce qui est inclus dans le service, le montant et le mode de facturation, même si les frais sont couverts par un tiers payeur, permet de sécuriser l’échange avec le patient.

Le défi : des honoraires mal compris

Il arrive que des patients s’interrogent : « Je n’ai reçu aucun médicament, pourquoi dois-je payer des frais? ». Cette réaction révèle un malentendu sur la nature de votre travail. Expliquer à vos patients le travail cognitif important lié à chaque interaction (analyse du dossier, surveillance de la thérapie, détection d’interactions, conseils personnalisés, etc.) permet à la fois de réduire les incompréhensions et de valoriser votre expertise.

Ce dialogue est aussi une occasion de reconnaître le rôle actif du patient dans sa propre santé, conformément aux principes du patient partenaire. En l’informant de vos actions professionnelles, vous l’aidez à mieux comprendre les enjeux thérapeutiques, tout en valorisant son expertise personnelle et ses préférences.

L’équipe technique peut également vous soutenir en préparant le terrain, en présentant en amont les services et soins qui seront fournis. Cela vous permet de vous concentrer sur l’essentiel tout en renforçant la compréhension du patient.

Gérer les objections avec bienveillance

Les préoccupations des patients sont légitimes. Les écouter, reformuler leur point de vue, expliquer avec pédagogie et proposer des solutions concrètes permet souvent de désamorcer les tensions. Et dans tous les cas, le respect et l’ouverture préservent la qualité du lien de confiance.

Trucs et astuces

  • Des phrases simples et efficaces à garder sous la main :
    • « Mon travail aujourd’hui consiste à analyser votre situation clinique pour vous proposer un plan sécuritaire… »
    • « Les frais d’aujourd’hui couvrent la consultation pharmaceutique que nous venons de faire ensemble. Votre assurance prend en charge ces services professionnels. »
    • « Je facture cette consultation parce que j’ai analysé votre situation clinique, modifié votre thérapie, etc. »
  • L’affichage en pharmacie
    • Afficher les services offerts et les frais associés est aussi une manière très efficace de normaliser la pratique et de préparer le patient avant l’échange. À l’aide d’un tableau ou d’une affiche dans la salle d’attente ou près du comptoir, vous pouvez indiquer la liste de vos activités professionnelles, les honoraires associés (consultation, suivi, analyse clinique), et préciser si les frais sont souvent couverts par l’assurance ou non.

Le gain final : moins de stress, plus de reconnaissance

Lorsque vos patients comprennent mieux la valeur de vos activités, ils deviennent vos meilleurs ambassadeurs. Dans un contexte de pratique élargie, ces efforts de communication vous font gagner du temps à long terme et réduisent les situations conflictuelles.

L’objectif n’est donc pas de justifier vos honoraires, mais bien de faire comprendre votre expertise. C’est là toute la différence.

 

Les techniciens en pharmacie sont arrivés récemment sur le marché du travail. Ils sont de précieux alliés, réalisant des tâches complémentaires à celles de leurs collègues assistants techniques et pharmaciens. Mais qu’en est-il des conseils donnés aux patients? Pouvez-vous comme pharmacien(ne) leur déléguer cette tâche? Penchons-nous sur la question.

Quelques rappels sur la délégation

Lorsque vous désirez déléguer une tâche à du personnel technique, la première étape consiste à déterminer si cette tâche est de nature technique ou si, lors de son exécution, elle nécessite l’exercice de votre jugement professionnel.

Si vous déterminez que la tâche est de nature technique, la délégation est possible. Il suffit, ensuite, de respecter les 5 étapes identifiées dans le guide d’exercice sur la délégation en pharmacie pour assurer la surveillance adéquate de cette tâche :

  1. Mettre en place une procédure écrite.
  2. S’assurer que le personnel possède la formation, les compétences et l’expérience appropriées.
  3. Mettre en place des mesures de contrôle.
  4. Être disponible pour intervenir dans un court délai.
  5. S’assurer de la traçabilité de la tâche.

Déterminons si « donner un conseil » est une tâche de nature technique

Tout d’abord, il y a une différence entre donner un conseil au patient et lui donner de l’information.

Prodiguer un conseil ou un avis implique une suggestion, souvent basée sur une expertise, une expérience, des opinions ou des recommandations personnelles. Ce conseil est orienté vers l’action, et il a pour but d’influencer ou de guider quelqu’un dans une prise de décision ou dans la gestion d’une situation.

Donner une information consiste à partager des faits ou des données sans intention particulière de guider ou d’influencer une décision. L’objectif est de fournir des éléments factuels sans émettre d’opinion ou de suggestion.

  • Exemple simplifié :
    • Conseil : Pour faire bouillir de l’eau plus rapidement, utilisez une bouilloire plutôt qu’une casserole.
    • Information : L’eau bout à 100 °C à pression atmosphérique.
  • Exemple en pharmacie :
    • Conseil : Je vous suggère de prendre ce médicament en vente libre pour atténuer vos symptômes d’allergie.
    • Information :
      • Lire l’information sur l’étiquette d’une boite d’acétaminophène.
      • Enseigner au patient comment utiliser un glucomètre ou un tensiomètre.

On peut donc conclure que le personnel technique peut donner de l’information aux patients. Toutefois, il ne peut pas donner un conseil pharmaceutique puisque cette tâche n’est pas de nature technique et nécessite le jugement professionnel d’un pharmacien.

QUELQUES DIFFÉRENCES ENTRE UN CONSEIL ET UNE INFORMATION1

Les conseils

  • Ils sont adaptés à la situation particulière de la personne.
  • Ils prennent en compte les circonstances particulières d’une personne. Un conseil peut donc être différent, même si le problème est le même.
  • Ils interprètent les données de la science, la loi et appliquent les règles et principes à une situation donnée.
  • Ils offrent des recommandations sur les options offertes à la personne selon sa situation.

Les informations générales

  • Elles ne sont pas adaptées à une situation particulière d’une personne.
  • Elles peuvent aider une personne à comprendre qu’elle a un problème.
  • Elles peuvent aider à définir un terme et comprendre un processus.
  • Elles peuvent aider à trouver les ressources supplémentaires pour obtenir des conseils.

1 Adapté du Portail juridique, section « Conseils et info », https://portailjuridique.ca/conseils-et-info (consulté le 26 mars 2025)

En conclusion

Par sa formation, un membre du personnel technique peut transmettre de l’information au patient, mais surtout recueillir les renseignements nécessaires au travail du pharmacien. À partir de ces informations, le pharmacien pourra plus facilement effectuer son analyse et donner son conseil.

Le personnel technique ne peut toutefois pas sélectionner dans une liste prédéfinie, tel un feuillet d’information, des renseignements à transmettre par rapport à d’autres, puisque ceci se fait à la suite d’une évaluation et est réservé au pharmacien. De plus, il ne peut pas proposer un produit à la suite de sa collecte d’informations puisque l’amorce d’une thérapie est une activité réservée au pharmacien.

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