Les décisions disciplinaires découlent d’abord d’une demande d’enquête reçue par l’Ordre. Or, ce sont principalement les pharmacien(ne)s en milieu communautaire qui sont visé(e)s par ces demandes d’enquête. Trois facteurs principaux expliquent cette réalité.
Un circuit de plaintes différent en établissement
Dans les hôpitaux, un(e) usager(ère) vivant une situation ou un événement malencontreux passe généralement par le ou la commissaire aux plaintes de l’établissement. Si un(e) pharmacien(ne) est concerné(e), le dossier est analysé par le ou la médecin examinateur(trice), puis peut être soumis au comité de discipline du Conseil des médecins, dentistes, pharmacien(ne)s et sages-femmes (CMDPSF). Ces mécanismes internes filtrent plusieurs situations avant qu’elles n’atteignent l’Ordre.
Important à retenir : ce processus interne n’écarte pas le rôle du ou de la syndic. Toute personne – patient(e) ou membre du personnel – peut déposer une demande d’enquête directement auprès de l’Ordre, qui l’évaluera selon les mêmes critères, peu importe le milieu d’exercice.
Le volume d’interactions avec le public
Les citoyen(ne)s consultent beaucoup plus souvent des pharmacien(ne)s communautaires qu’ils ou elles n’interagissent avec des pharmacien(ne)s hospitalier(ère)s. Comme la majorité des signalements proviennent directement de la population, il est naturel que le milieu communautaire génère davantage de signalements ou de demandes d’enquête.
La répartition des effectifs
Seulement 18 % des pharmacien(ne)s exercent en établissement de santé. Cette concentration massive de la profession en pharmacie communautaire influence directement le nombre de situations pouvant mener à une enquête.
En somme, cette apparence de concentration des décisions disciplinaires reflète surtout où se trouvent les pharmacien(ne)s, où se déroulent les interactions avec le public et comment circulent les plaintes selon le milieu d’exercice.