Mot du président

La première ligne se renforce et les pharmacien(ne)s en sont au cœur 

Le 27 mars dernier, la ministre de la Santé et des Services sociaux a dévoilé la toute première Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Il s’agit d’un moment charnière pour notre système de santé – et d’un moment dont nous pouvons être fier(ère)s en tant que pharmaciennes et pharmaciens.  

Pourquoi? Parce que cette politique reconnaît pleinement ce que vous faites chaque jour. Mais elle marque aussi une rupture importante avec les réformes passées qui ont trop souvent laissé la pharmacie en marge de l’organisation des soins. Elle place ainsi les pharmacien(ne)s là où ils ont toujours été : au cœur de la vie des patient(e)s, comme des professionnel(le)s de proximité essentiel(le)s à l’accès aux soins. C’est une reconnaissance méritée, et elle témoigne du chemin parcouru par notre profession. 

Ce que cela signifie concrètement 

Cette politique pose une vision ambitieuse : des soins plus accessibles, mieux coordonnés, plus continus. Elle ouvre la porte à une collaboration renforcée entre tous les professionnel(le)s de la santé. Et c’est précisément là que notre rôle prend tout son sens. 

Mais une vision, aussi inspirante soit-elle, ne se concrétise que si les mécanismes nécessaires sont mis en place. C’est pourquoi nous appelons tous les partenaires du réseau à travailler ensemble pour définir des trajectoires de soins claires, des parcours fluides qui guident les patient(e)s d’un(e) professionnel(le) à l’autre, sans qu’ils aient à se débrouiller seuls dans un système parfois complexe. Les patient(e)s méritent de savoir où aller, et vous méritez de savoir vers qui référer au moment opportun, selon votre jugement et les besoins de santé de vos patients. 

Notre part de responsabilité 

De notre côté, nous avons aussi du travail à faire, et nous l’assumons pleinement. Pour que les autres professionnel(le)s du réseau puissent vous inclure dans ces trajectoires de soins, encore faut-il qu’ils sachent précisément ce que vous offrez. C’est pourquoi l’Ordre entreprend un projet d’harmonisation de l’offre de soins et services des pharmacien(ne)s communautaires.

Cette démarche vous appartient autant qu’à nous. Elle vise à vous donner de la clarté, à donner de la clarté aux patient(e)s, et à positionner la pharmacie comme un partenaire incontournable et prévisible dans le réseau. 

Un appel à votre engagement 

Je sais que vous portez déjà beaucoup. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1,7 million de vaccins administrés, plus de 370 000 prescriptions pour des conditions mineures, près de 793 000 amorces de thérapie, tout cela en pharmacie, en 2025, par des pharmacien(ne)s comme vous. Ce travail est immense, et il est souvent invisible aux yeux du grand public. 

La politique de première ligne est une occasion de changer cela. De faire en sorte que votre contribution soit non seulement reconnue, mais pleinement intégrée dans une organisation cohérente des soins au Québec. 

Nous serons toujours à vos côtés pour que cette opportunité se transforme en quelque chose de durable et de concret. 

Merci de faire ce que vous faites, chaque jour, pour la population québécoise. 

Jean-François Desgagné