L’inspection : une fonction de prévention

Message de Bertrand Bolduc, président de l’Ordre

Il y a quelques semaines, environ 200 pharmaciens ont reçu un avis les informant qu’ils devaient réaliser leur auto-inspection. Certains se sont dit étonnés, considérant le contexte actuel et le fait que l’Ordre a annoncé il y a quelques mois la suspension des activités pour une durée indéterminée. Je trouvais important de faire le point sur le sujet.

Au début de la pandémie, l’Ordre a suspendu ses inspections. Dans le contexte qui prévalait au printemps dernier, il aurait été impensable tant pour vous de réaliser une auto-inspection ou d’accueillir un inspecteur, que pour le personnel de l’Ordre de réaliser ces activités.

Rappelons que l’Ordre a un mandat de protection du public confié par le législateur. Nous sommes nous-mêmes surveillés par l’Office des professions, et l’inspection est l’un des éléments qui retiennent le plus leur attention. Réaliser des inspections n’est pas une activité facultative, mais au cœur de notre mandat. Ayant cette dimension en tête, il nous est apparu nécessaire récemment de reprendre les activités d’auto-inspection, tout en maintenant la suspension concernant les inspections sur place (sauf pour celles considérées comme critiques : inspections découlant d’un signalement du syndic, inspections de contrôle, etc.).

Le contexte n’était peut-être pas idéal, avec la COVID qui ne vous laisse pas un instant de repos et la vaccination qui se déroule actuellement en pharmacie communautaire, nous en convenons. Maintenant, la Direction des services professionnels de l’Ordre est toujours compréhensive lorsque des demandes de reports sont formulées, particulièrement dans des périodes comme celles que nous vivons actuellement.

Ceci étant dit, je désire rajouter un élément important. Il y a quelques mois, nous avons réalisé un sondage dans le cadre de notre planification stratégique afin d’en savoir plus sur votre perception du rôle de l’Ordre, et la façon dont nous l’exerçons.

Vous avez été clairs concernant l’inspection. Vous nous avez dit que nous avions du travail à faire afin qu’elle soit mieux adaptée à votre pratique et contribue réellement à votre perfectionnement professionnel. Nous vous avons entendus.

Une démarche de simplification a été faite concernant le programme d’inspection en général, mais également des auto-inspections. De 141 questions en 2011 et 83 en 2018, le questionnaire d’auto-inspection en compte aujourd’hui entre 44 et 51. Contrairement au passé où on en demandait trois, un seul plan de prise en charge ou plan de projet est demandé maintenant.

Notre nouveau programme a été pensé avec pragmatisme soit : plus simple, mais pas simpliste, réfléchi et efficient. Sans vous donner tous les détails, vous aurez l’occasion de le constater au cours des prochains mois, je peux vous dire une chose : nous allons mettre de plus en plus l’accent sur l’exercice du jugement professionnel. Sur le fait qu’il n’existe pas une seule bonne façon de faire pour répondre aux besoins de la population.

Maintenant, même si aucun moment n’est le bon pour se faire inspecter, rappelons-nous que cette activité a un objectif de prévention. Notre but est de vous aider à offrir les meilleurs soins aux patients. 

La COVID est malheureusement là pour longtemps. À l’Ordre, nous sommes d’avis qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Nous devons poursuivre nos activités et pour ce faire, nous misons particulièrement sur la prévention. C’est d’abord ça, le rôle de l’inspection.