Nouveaux prescripteurs : ce que les pharmacien(ne)s doivent savoir
À la suite de la sanction de la Loi 8 (Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions principalement afin d’alléger les processus réglementaires du système professionnel et d’élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux), certain(e)s professionnel(le)s de la santé ont désormais le droit de prescrire dans de nouveaux contextes. Il est possible que vous receviez davantage d’ordonnances de ces prescripteurs.
Voici un résumé de la situation en vigueur actuellement pour chaque groupe de professionnel(le)s concerné(e)s.
Le tableau des prescripteurs a été mis à jour et est disponible ici.
Optométristes
Les modifications sont en vigueur depuis le 2 avril 2026. Les optométristes ne sont plus soumis(e)s à des listes restrictives de médicaments.
Un(e) optométriste peut désormais administrer et prescrire un médicament et dispenser des soins aux fins de l’examen des yeux et du traitement d’une condition de l’œil et de ses annexes dans l’un ou l’autre des cas suivants :
- Dans un contexte de soins de première ligne;
- Pour la réalisation d’un plan de traitement déterminé par un médecin ophtalmologiste lorsque le suivi d’un patient est assuré par ce médecin.
Les optométristes n’étant pas reconnu(e)s comme des praticien(ne)s en vertu de la législation fédérale, ils ou elles ne peuvent prescrire des substances désignées (fentanyl, morphine, etc.).
Podiatres
Les modifications sont en vigueur depuis le 2 avril 2026. L’ancien système de listes de médicaments approuvés par règlement est aboli.
Ce que prévoit la loi :
- Tout(e) podiatre est autorisé(e) à utiliser, administrer et prescrire des médicaments à ses patient(e)s dans le cadre de l’exercice de sa profession;
- Il ou elle peut également délivrer des attestations relatives à la fourniture de médicaments.
À noter : Conformément à la législation fédérale, les podiatres ont un statut de praticien et peuvent donc prescrire des substances désignées.
Sages-femmes
Les sages-femmes peuvent désormais utiliser, administrer et prescrire des médicaments à toute personne à qui elles rendent des soins et services professionnels.
En plus des soins habituels (grossesse, accouchement, postnatal — 6 premières semaines), une sage-femme peut désormais, sans égard à la grossesse :
- Pour toute femme : initier les examens et tests et prescrire et administrer un médicament en première ligne, aux fins du traitement d’une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS);
- Pour toute personne : prescrire et administrer une contraception;
- Pour toute personne : prescrire et administrer un médicament pour le traitement d’une ITSS dans des cas déterminés par règlement de l’Ordre (pour les personnes autres que des femmes);
Les anciennes listes de médicaments sont abrogées.
Un guide est disponible sur le site Web de l’Ordre des sages-femmes.
À noter : Conformément à la législation fédérale, les sages-femmes ont un statut de praticiennes et peuvent ainsi prescrire des substances désignées.
Infirmières et infirmiers
La Loi 8 prévoit un élargissement du droit de prescrire des infirmières et infirmiers, mais celui-ci nécessite l’adoption préalable d’un règlement par l’OIIQ, visant notamment la prescription de médicaments.
Aucun changement n’est donc en vigueur actuellement.
Infirmières praticiennes spécialisées et infirmiers praticiens spécialisés (IPS)
L’IPS en soins aux adultes, en soins pédiatriques ou en soins de première ligne, selon certaines conditions, peut être autorisée à diagnostiquer des troubles mentaux, à l’exception de la déficience intellectuelle, et à prescrire des médicaments à la suite de ce diagnostic, si requis.
Les modifications ont été apportées au Règlement sur les infirmières praticiennes spécialisées et sont en vigueur.
Conformément à la législation fédérale, les IPS ont un statut de praticien(ne)s et peuvent ainsi prescrire des substances désignées.