Nos cinq priorités pour la campagne électorale

À l’occasion de la campagne électorale, l’Ordre prend la parole afin d’inviter les partis politiques à parler de santé autrement. Notre message aux décideur(euse)s : les dernières années ont permis de décloisonner plusieurs responsabilités professionnelles, il faut maintenant franchir une nouvelle étape et faire en sorte que ces avancées se traduisent par des parcours de soins plus simples, plus sécuritaires et plus fluides. Nous vous partageons aujourd’hui nos cinq priorités électorales.

1. Organiser les soins à partir de l’expérience du ou de la patient(e)

L’élargissement des activités professionnelles est une excellente nouvelle pour l’accès aux soins. Mais pour le ou la patient(e), savoir à quelle porte frapper demeure trop souvent compliqué. Et lorsque le ou la professionnel(le) arrive au bout de ce qu’il peut faire, les trajectoires sont trop peu souvent établies. L’expérience du ou de la patient(e) doit devenir un chantier prioritaire : améliorer l’accès – évidemment – mais également simplifier les parcours, établir des trajectoires et assurer des mécanismes de référence simples et efficaces entre professionnel(le)s.

2. Accélérer le virage numérique en santé

Les outils numériques doivent mieux soutenir la continuité des soins et la circulation sécuritaire de l’information clinique. Le dossier de santé numérique doit être pleinement accessible et intégré non seulement dans les établissements publics, mais aussi en pharmacie communautaire, en GMF et avec les diverses cliniques privées de professionnel(le)s. Nous devons viser un dossier commun provincial, construit autour du ou de la patient(e) et de son désir de faire collaborer « ses professionnel(le)s » autour de lui ou d’elle.

3. Mieux encadrer l’influence des tiers

Les décisions professionnelles doivent toujours être prises dans l’intérêt du ou de la patient(e). Or, les professionnel(le)s de la santé évoluent au sein d’un environnement où de nombreuses organisations — employeurs, intermédiaires, fournisseurs de services, plateformes ou partenaires commerciaux — peuvent chercher à influencer leur pratique. Cette réalité soulève l’enjeu fondamental d’indépendance professionnelle. Le prochain gouvernement devrait ouvrir un chantier de réflexion pour mieux encadrer l’action de ces tiers et donner aux ordres professionnels les leviers nécessaires pour intervenir lorsque la protection du public est en jeu.

4. Agir de façon structurante sur la pénurie de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre en pharmacie fragilise l’accès aux soins dans toutes les régions du Québec. Elle touche les pharmacien(ne)s, mais également le personnel technique, dont la contribution est essentielle. L’Ordre demande depuis plusieurs années la mise en place d’une table permanente de planification de la main-d’œuvre couvrant le réseau public et la pharmacie communautaire. Le gouvernement doit prendre un leadership dans ce dossier.

5. Veiller sur la santé mentale des soignant(e)s

Pour prendre soins des autres, il faut d’abord bien aller soi-même. Pour améliorer l’accès aux soins, il faut non seulement moderniser le réseau, mais aussi prendre soin des professionnel(le)s qui le font fonctionner. La santé psychologique des soignant(e)s est une condition essentielle à la qualité, à la sécurité et à la pérennité des soins offerts à la population québécoise.

Dans les prochaines semaines, l’Ordre fera également une proposition structurante sur l’utilisation appropriée des médicaments. Dans une société où le recours aux médicaments augmente et où leur promotion prend de nouvelles formes, nous devons collectivement nous demander comment mieux prévenir, réviser les traitements lorsque nécessaire et soutenir des décisions éclairées.

Cette campagne électorale est charnière : le réseau de la santé est à un carrefour. Les choix qui seront faits au cours des prochaines années détermineront notre capacité à offrir des soins plus accessibles, mieux coordonnés et véritablement adaptés aux besoins de la population. Au-delà des débats sur les structures, il faut maintenant repenser l’organisation des soins à partir du ou de la patient(e), de son parcours et de son expérience.