Infirmière en pharmacie : une porte d’entrée de proximité vers les soins

Infirmière clinicienne depuis 2015, Karine Deslauriers a d’abord exercé à l’urgence avant de travailler comme superviseure clinique universitaire, puis à Info-Santé. Depuis 2023, elle pratique en pharmacie, un milieu qui correspond à sa volonté d’offrir des soins de première ligne accessibles, humains et ancrés dans la communauté. Également présidente de l’OBNL Infirmières et Infirmiers en Pharmacie du Québec (IIPQ), elle voit dans la pharmacie un lieu de proximité permettant d’améliorer l’accès aux soins et d’accompagner les patients(e)s de façon plus personnalisée.
Longtemps associée principalement à la vaccination ou aux prises de sang dans l’imaginaire collectif, l’infirmière en pharmacie joue pourtant un rôle beaucoup plus vaste. À travers son expérience, Karine souhaite justement mieux faire connaître cette pratique encore méconnue, mais essentielle dans le parcours de soins.
Tout comme un(e) pharmacien(e), l’infirmière en pharmacie évalue la condition physique et mentale des patients(e)s et agit souvent comme premier contact avec le réseau de la santé. « La porte est ouverte, les gens entrent pour chercher un médicament ou poser une question, puis parfois ils se rendent compte qu’ils peuvent aussi parler d’un problème de santé qui les inquiète depuis longtemps », explique-t-elle. Cette proximité permet d’intervenir rapidement et d’orienter les personnes vers les bons services.
Les infirmières en pharmacie contribuent activement à diversifier et à renforcer l’offre de soins en pharmacie. Elles assurent entre autres le suivi de maladies chroniques comme l’hypertension ou le diabète, dans une approche collaborative avec les pharmacien(ne)s, qui assurent la surveillance de la thérapie médicamenteuse. À cela s’ajoutent des soins de plaies, dont les blessures courantes, des injections de médicaments, des évaluations et lavages d’oreilles, des prises de sang ainsi que des dépistages rapides, notamment pour le streptocoque ou la COVID-19.
Véritables piliers de première ligne, elles contribuent à améliorer l’accès aux soins ainsi que l’efficacité du réseau de la santé, tout en orientant rapidement les situations nécessitant une consultation avec un autre professionnel de la santé, lorsque requis.
Cette réalité se reflète notamment dans le cas d’une personne qu’elle a reçue, préoccupée par une douleur à l’oreille et incapable d’obtenir un rendez-vous médical. Après évaluation, il s’agissait finalement d’un petit bouton à l’entrée du conduit auditif qui ne nécessitait pas de consultation médicale immédiate. Karine a alors pu rassurer la patiente, lui enseigner les soins à effectuer à la maison, tout en lui indiquant les symptômes à surveiller et les situations pour lesquelles elle devrait consulter un médecin.
Bien que la pratique en pharmacie comporte certaines limites et exige une grande autonomie, notamment parce que les médecins y sont moins facilement accessibles qu’en milieu hospitalier, Karine souhaite avant tout changer le regard porté sur cette profession. Pour elle, l’infirmière en pharmacie incarne une pratique de proximité, accessible et profondément humaine, qui contribue chaque jour à rapprocher les soins des communautés.