Mot du président aux nouveaux pharmaciens
Chers nouveaux pharmaciens, chères nouvelles pharmaciennes,
Le permis que vous avez reçu ou que vous recevrez sous peu n’est pas qu’un aboutissement : c’est une clé. Une clé qui vous donne accès à une profession en plein essor, où votre champ de pratique s’élargit et où l’on vous fait confiance, de plus en plus, pour agir au premier plan des soins.
Vous héritez aussi d’une communauté. Celle des milliers de pharmaciens et pharmaciennes qui, avant vous, ont bâti la crédibilité et la reconnaissance dont vous bénéficierez dès vos premiers pas. Un jour, ce sera à votre tour de superviser un stagiaire, de former une relève, de faire rayonner la profession dans votre milieu. La transmission est continue, et vous en faites déjà partie.
Cette profession vous permettra d’explorer bien des chemins : pratique clinique avancée, enseignement, recherche, entrepreneuriat, engagement associatif. Chaque avenue est une opportunité. Ce qui compte, c’est que vous y trouviez du sens et que le patient demeure, toujours, au centre de vos décisions.
Soyons réalistes: tout ne sera pas toujours facile. Le réseau de la santé est exigeant, la charge de travail est réelle, et certains jours vous demanderont plus que ce que vous pensiez pouvoir donner. Mais ces défis, vous ne les vivrez jamais seuls : vous ferez partie d’une communauté solidaire et compétente, et l’Ordre sera toujours présent pour vous appuyer, afin que vous puissiez exercer avec confiance, aujourd’hui comme dans dix ans.
Et c’est souvent auprès de vos pairs que vous trouverez le soutien humain dont vous aurez besoin dans les moments plus difficiles : un mentor qui répond au téléphone un soir de doute, un collègue qui comprend sans qu’on ait à tout expliquer, un réseau de pharmacien(ne)s qui a traversé les mêmes questionnements que vous. Cette solidarité entre collègues est peut-être la richesse la moins visible de la profession, mais elle est bien réelle, et vous y avez déjà accès.
Je me souviens encore avec une précision étonnante du 24 août 1993, le jour où j’ai obtenu mon propre permis de pratique. Je me rappelle la fierté, mais aussi une pointe de vertige devant tout ce qui s’en venait. Avec le recul, ce que je dirais au jeune pharmacien que j’étais, c’est que cette incertitude fait partie du métier et qu’elle ne disparaît jamais tout à fait, même après plus de trente ans. Elle se transforme plutôt en curiosité, en envie d’apprendre encore. Cette fierté du premier jour ne s’est jamais estompée, et je vous la souhaite tout aussi durable.
Bienvenue dans cette magnifique profession de service et d’humanité. Au plaisir de vous croiser sur ce chemin.
Et surtout, ne l’oubliez jamais : une chance qu’on vous a.
Jean-François Desgagné
Président