Bienvenue dans la foire aux questions! Vous trouverez dans cette page un grand nombre de réponses aux questions qui sont régulièrement posées par les pharmaciens. Celles-ci sont classées par thématique pour faciliter votre recherche.

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Comme pharmacien, vous avez la possibilité de prescrire des médicaments dans différentes situations. Il arrive à l’occasion qu’une ordonnance émise par un pharmacien soit exécutée dans un milieu différent de celui où s’est déroulée la consultation. Comment gérer ces situations?

Prenons l’exemple d’une entente de pratique avancée en partenariat. Un groupe de pharmaciens peut prescrire certains médicaments, en respect de l’entente prise avec les autres professionnels. Cette entente doit être balisée au sein de l’établissement ou du groupe de médecine de famille et préciser le type de patients à traiter, les circonstances qui autorisent le pharmacien à amorcer ou à ajuster une ordonnance, les situations où les médecins interviennent, etc.

Les ordonnances rédigées par ces pharmaciens sont alors valides pour ces patients, tant à l’interne qu’à l’externe de l’établissement (très pratique en clinique externe par exemple).

Si vous recevez une ordonnance rédigée par un collègue pharmacien, vous n’avez pas à confirmer qu’elle respecte le contenu de l’entente de pratique avancée en partenariat prévue dans l’établissement ou les recommandations découlant d’une demande de consultation. Vous n’avez pas non plus besoin d’obtenir une copie des documents qui y sont rattachés puisqu’il est de la responsabilité du pharmacien qui rédige l’ordonnance de respecter le cadre de son entente.

Le même principe s’applique si un pharmacien prescrit pour amorcer ou modifier une thérapie médicamenteuse de façon autonome, pour substituer un médicament, pour prolonger une ordonnance ou encore pour administrer un médicament.

Si vous recevez une prescription émise par un collègue pharmacien, vous devez procéder aux mêmes analyses que les autres ordonnances quant à la pertinence clinique, au choix du traitement selon la situation, au dosage, etc. Le pharmacien prescripteur doit se rendre également disponible si vous avez des questions ou des besoins de précisions.

Depuis l’entrée en vigueur des projets de loi 41 et 31, vous pouvez notamment amorcer, modifier, cesser et substituer une thérapie médicamenteuse. Ces activités peuvent être réalisées de manière autonome ou à la demande du prescripteur. Voici quelques précisions.

De manière autonome

À la suite de votre évaluation, et dans l’objectif de répondre aux besoins du patient, vous pouvez réaliser les activités suivantes de manière autonome.

Ce que vous pouvez faire Dans quel contexte Bon à savoir
AMORCER UNE THÉRAPIE Pour une condition prévue aux règlements, par exemple :

  • Lors d’un nouvel épisode d’une condition ayant déjà fait l’objet d’un diagnostic et d’un traitement;
  • Pour la vaccination;
  • Pour le traitement de l’herpès zoster (zona), l’influenza ou le coronavirus;
  • Pour une condition en autosoins.
Vous ne pouvez pas amorcer une thérapie impliquant des substances désignées [1].

 

AJUSTER, MODIFIER [2] OU CESSER UNE THÉRAPIE
  • Pour assurer la sécurité du patient;
  • Pour assurer l’efficacité de la thérapie, selon des cibles thérapeutiques reconnues.
Vous pouvez ajuster, modifier ou cesser tous types de médicaments incluant les substances désignées [3].
SUBSTITUER AU MÉDICAMENT PRESCRIT UN AUTRE MÉDICAMENT

Vous pouvez substituer :

  • Un médicament pour un autre ayant la même dénomination commune;

OU

  • Dans un contexte de substitution thérapeutique pour les situations suivantes :
    • Une rupture d’approvisionnement;
    • Un problème lié à l’administration d’un médicament;
    • En cas de risque pour la sécurité du patient et lorsqu’il n’est pas possible de joindre le prescripteur dans un temps utile;
    • Lors du retrait d’un médicament du marché ou lorsque le retrait est prévu ou le sera dans les trois prochains mois;
    • Lorsqu’un médicament est non disponible au formulaire de l’établissement de santé.

 

La substitution thérapeutique vous permet de choisir un médicament dont le principe actif est différent. Ce type de substitution n’est pas autorisée pour les substances désignées.

 

À la demande du prescripteur

À la suite de votre évaluation, et dans l’objectif de répondre aux besoins du patient, vous pouvez amorcer, modifier ou cesser une thérapie à la demande d’un prescripteur ou d’un groupe de prescripteurs. Voici les différentes situations concernées.

Type de demande Détails Bon à savoir
SELON UNE ORDONNANCE INDIVIDUELLE Établie par un prescripteur pour un patient spécifique.

  • Vous pouvez amorcer ou modifier une thérapie;
  • Suivre le cadre et les recommandations prévus dans l’ordonnance.
Vous ne pouvez pas amorcer une thérapie impliquant des substances désignées.
SELON UNE ORDONNANCE COLLECTIVE Établie par un prescripteur ou un groupe de prescripteurs visant une population ou un groupe de patients.

  • Vous pouvez amorcer ou modifier une thérapie;
  • Suivre le cadre et les recommandations prévus dans l’ordonnance.
Les conditions déjà prévues par règlement vous permettant d’amorcer un traitement ne devraient pas faire l’objet d’une ordonnance collective.

 

Vous ne pouvez pas amorcer une thérapie impliquant des substances désignées.

À LA SUITE D’UNE DEMANDE DE CONSULTATION Le prescripteur peut solliciter votre avis sur certains aspects de la thérapie médicamenteuse d’un patient comme pour l’atteinte d’une cible thérapeutique, le choix d’une molécule appropriée, la gestion d’effets indésirables, etc. Vos recommandations pourront être mises en application après une discussion avec le prescripteur demandeur, ou, s’il l’avait exprimé initialement dans sa demande, appliquées sans discussion.

Dans ce contexte, vous pouvez amorcer, ajuster ou cesser une thérapie, en autant que le prescripteur demandeur soit lui-même autorisé à la prescrire.

Vous devez communiquer au prescripteur les informations pertinentes, par écrit, selon les modalités convenues.

 

Vous ne pouvez pas amorcer une thérapie impliquant des substances désignées.

DANS LE CADRE D’UNE ENTENTE DE PRATIQUE AVANCÉE EN PARTENARIAT Pour un groupe de patients pour lequel vous offrez des soins et partagez le même dossier patient, selon un cadre prédéterminé dans une entente.

Dans ce contexte, vous pouvez amorcer, ajuster ou cesser une thérapie.

Le dossier patient doit être partagé entre les professionnels signataires de l’entente.

 

Que vous agissiez de manière autonome ou à la demande d’un prescripteur, votre décision doit être justifiée et vous devez établir un plan de match, consigné au dossier du patient. Ce plan devra contenir les suivis à effectuer et les renseignements pertinents pour l’appliquer.

Des outils à votre disposition : consultez-les!

Pour plus d’information, n’hésitez pas à consulter les deux guides suivants disponibles sur notre site Web :

De plus, en utilisant des mots clés (ex. : amorcer, ajuster, modifier, cesser, substituer) dans le moteur de recherche de la section « Questions de pratique » du site Web de l’Ordre, vous y trouverez plusieurs renseignements complémentaires.

Rendez-vous également sur cette page de notre site pour visionner des capsules vidéo présentant des exemples de cas cliniques, notamment dans le cadre d’une demande de consultation et d’une entente de pratique avancée en partenariat.

 

Les honoraires professionnels ne sont pas encadrés par les règlements sur les activités professionnelles qui peuvent être exercées par un pharmacien. Pour connaître les situations pour lesquelles des honoraires professionnels sont prévus, veuillez communiquer avec l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

[1] Un stupéfiant, une drogue contrôlée ou une substance ciblée

[2] Vous pouvez modifier la forme, la posologie, la concentration, la dose, la voie d’administration, la durée de traitement et la quantité prescrite.

[3] Consultez cette question de pratique portant sur la modification d’une thérapie médicamenteuse d’une substance désignée : https://www.opq.org/pratique-professionnelle/questions-de-pratique/puis-je-modifier-une-therapie-medicamenteuse-de-substances-designees

Non. Il n’est pas possible de substituer un médicament dont les principes actifs sont différents. Par exemple, il n’est pas possible de substituer une ordonnance de morphine en prescrivant de l’hydromorphone.

Les exemptions accordées par Santé Canada jusqu’au 30 septembre 2026 permettent cependant la prolongation ainsi que l’ajustement d’une ordonnance de substance désignée.

L’ajustement peut toucher la forme, par exemple passer d’une forme liquide à une forme solide ou passer d’une forme à libération immédiate à une libération prolongée.

L’ajustement peut aussi viser la dose et la posologie dans l’atteinte des buts thérapeutiques.

Un document d’explication plus complet se retrouve ici.

Vous pouvez substituer un médicament dans certaines situations bien définies :

  • Rupture d’approvisionnement
  • Retrait du marché ou rupture prochaine annoncée
  • Problème relatif à l’administration d’un médicament (ex. : forme non adéquate)
  • Non disponibilité d’un médicament dans le cadre des activités d’un établissement de santé (ex. : non inscrit au formulaire)
  • Risque pour la sécurité du patient et prescripteur ne pouvant être joint en temps utile

Le motif de santé et de sécurité ne constitue pas à lui seul une raison pour substituer un médicament.

Un groupe de pharmaciens peut établir une entente de partenariat avec d’autres professionnels de la santé afin de baliser l’offre de soins et services pharmaceutiques et les activités qui peuvent être effectuées de façon autonome.

Par exemple, en oncologie, l’offre de soins des pharmaciens pour tous les patients est bien définie : ajustement des doses de chimiothérapie en fonction de l’insuffisance rénale et hépatique, gestion des effets indésirables entourant la chimiothérapie, etc. L’entente de partenariat avec le groupe de médecins permettrait d’établir :

  • Le type de patients à traiter;
  • Les circonstances qui autorisent d’entrer dans un dossier pour amorcer et ajuster les thérapies médicamenteuses;
  • Les circonstances dans lesquelles les médecins interviennent auprès du patient pour réévaluer sa condition;
  • Etc.

L’entente de partenariat permet d’effectuer les mêmes activités qu’une demande de consultation, mais au lieu d’effectuer ces activités pour un seul patient, elle permet de le faire pour plusieurs patients traités en commun avec d’autres professionnels de la santé qui partagent les mêmes dossiers.

Le règlement n’oblige pas de faire entériner les ententes de partenariat par le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de l’établissement concerné. Toutefois, les déposer à titre d’information représente une opportunité de faire connaître ce que vous pouvez faire pour les patients.

Il n’y a aucune obligation règlementaire visant l’utilisation d’un gabarit particulier de formulaire. Dans le cas où vous évaluez et prescrivez un antiviral pour le zona à un patient, il est surtout important de fournir à ce dernier un document incluant les informations pertinentes et les motifs d’amorce de la thérapie médicamenteuse.

Vous pourriez notamment utiliser votre carnet de prescription et y ajouter les renseignements importants, par exemple :

  • Consultation pour le zona
  • Plaie au niveau de l’épaule droite
  • Prescription de valacyclovir amorcée (indiquer la dose et la durée du traitement remis au patient)
  • Demande de confirmation du diagnostic

Le patient aura en main ces informations lors de sa consultation avec son IPS ou son médecin traitant.

Les médicaments tels que la naloxone, le salbutamol et les auto-injecteurs d’épinéphrine, peuvent être prescrits et administrés dans une situation d’urgence, c’est-à-dire lorsqu’un patient a besoin d’assistance immédiate en attendant que les premiers répondants prennent le relais.

Les médicaments prescrits en cas d’urgence peuvent aussi être administrés par une personne autre que le pharmacien.

La validité de l’ordonnance du prescripteur initial est de 5 ans. De plus, il doit y avoir un maximum de 1 traitement par période de 6 mois et de 2 traitements au cours des 12 derniers mois.

Si, par exemple, la prescription initiale d’une patiente est datée d’il y a 2 ans et qu’une pharmacienne a également prescrit il y a 18 mois, vous pouvez prescrire à votre tour un antibiotique si les modalités ci-haut sont respectées et selon votre évaluation de la situation.

Après une évaluation de la situation, vous pouvez ajuster la dose ou la posologie d’une substance désignée tout en demeurant dans la quantité totale prescrite.

Par exemple, pour une ordonnance de morphine à 5 mg avec une quantité totale de 500 mg, vous pouvez ajuster à la baisse ou à la hausse la dose sans toutefois dépasser l’ordonnance de 500 mg en quantité totale.

L’augmentation de la dose aura un impact sur la durée totale de la thérapie médicamenteuse et pourrait nécessiter que le patient consulte le prescripteur plus tôt que prévu.

L’ordonnance collective (OC) demeure un outil pratique à utiliser pour un patient sous coumadin. Si l’OC est bien implantée et fonctionnelle dans votre milieu, il n’est donc pas nécessaire de changer cette façon de faire.

Toutefois, vous pourriez utiliser la demande de consultation, lorsque jugé opportun, afin de proposer l’amorce d’un traitement avec HFPM selon un INR en bas d’un taux donné.

Lorsque le prescripteur a omis de donner les cibles thérapeutiques, il est possible d’utiliser les cibles scientifiquement reconnues. Il s’agit toutefois d’une bonne pratique de convenir de ces cibles avec le prescripteur et de vous assurer que vous êtes le professionnel désigné pour ajuster la thérapie du patient.

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