Recrudescence des cas de rougeole et de coqueluche

La santé publique suit de près la situation de la rougeole à l’international et au Québec. Quelques cas de rougeole ont d’ailleurs été confirmés au cours des dernières semaines dans la région de Montréal et les informations disponibles laissent suspecter qu’une circulation du virus est présente dans la communauté.

Campagne de vaccination

Afin de répondre rapidement à la demande pour la mise à jour de la vaccination contre la rougeole, le déploiement d’une campagne vaccinale de masse sera privilégié. Ainsi, différents professionnels pourraient soutenir les établissements dans l’offre de vaccination, dont les pharmacien(ne)s, pour les populations qui ne seraient pas adéquatement vaccinées ou qui n’ont jamais eu la maladie et qui seraient à risque de complication de la rougeole dans l’immédiat.

Dans le contexte actuel, nous tenons à vous rappeler que la quantité de vaccins contre la rougeole est limitée. Nous vous invitons à en commander de façon responsable lorsque vous aurez des rendez-vous planifiés.

Faire preuve de vigilance

Comme professionnel(le) de la santé, il est important que vous restiez vigilant(e) à tout cas suspect de rougeole. Devant cette situation qui surviendrait en pharmacie, les directives de la santé publique sont les suivantes :

  1. Donner un masque au patient ou à la patiente et appliquer rapidement les mesures de prévention et de contrôle des infections;
  2. Demander au patient ou à la patiente de demeurer dans la pharmacie en l’isolant (ex. : bureau de consultation fermé);
  3. Appeler la direction de la santé publique concernée, qui vous donnera les directives pour la suite.

Les consignes pourraient évoluer dans le temps; nous suivons la situation de près et vous tiendrons informé(e)s le cas échéant.

Petit rappel : en quoi consiste la rougeole

La rougeole est une maladie respiratoire virale grave et extrêmement contagieuse. Elle se caractérise par de la fièvre et des éruptions maculopapulaires et exanthémateuses généralisées. L’infection par le virus de la rougeole peut entraîner de graves complications. La période de contagiosité débute quatre jours avant l’apparition de l’éruption cutanée et se poursuit jusqu’à 4 jours après.

Webinaire sur la rougeole le 12 mars prochain

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) organise un webinaire le 12 mars, à 12 h 15, ayant pour thème La rougeole : bien la comprendre pour mieux la déceler. Les membres de l’Ordre des pharmaciens sont invités à y participer. Il s’agit d’une occasion de valider vos connaissances sur ce virus, d’obtenir un état de la situation épidémiologique en temps réel et de poser vos questions à un panel d’experts composé de:

  • Dr Luc Boileau, directeur national de la santé publique
  • Dre Caroline Quach, pédiatre, microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention et du contrôle des infections, CHU Sainte-Justine
  • Dr Jean Longtin, microbiologiste-infectiologue et directeur médical associé, Optilab Capitale-Nationale

Le lien Zoom vous permettant d’accéder directement au webinaire vous sera communiqué quand le CMQ accusera réception de votre inscription.

Outils pratiques

Recrudescence des cas de coqueluche

Dans les derniers mois, la santé publique a constaté une augmentation importante des cas de coqueluche. Les enfants âgés de moins de 3 mois sont ceux les plus à risque d’hospitalisation et de décès associés à cette infection respiratoire. L’efficacité de la vaccination contre la coqueluche en cours de grossesse est d’environ 90 % pour prévenir les cas confirmés. Le programme québécois de vaccination contre la coqueluche prévoit 1 dose de vaccin (dcaT) à chaque grossesse, entre 26 et 32 semaines de gestation (PIQ).

L’INSPQ a produit le rapport Vaccination en cours de grossesse : acceptabilité pour les femmes enceintes et enjeux de faisabilité. Les résultats démontrent que plusieurs demeuraient hésitantes ou défavorables à la vaccination en cours de grossesse, alors qu’elles étaient favorables à la vaccination en général. Également, un peu plus du tiers des participantes ne connaissaient pas la coqueluche. Finalement, le rapport souligne que la recommandation d’un(e) professionnel(le) de la santé pour la vaccination jouait un rôle important pour la prise de décision et que cela facilitait l’acceptabilité de la vaccination.

Par conséquent, comme pharmacien(ne), vous avez un rôle important à jouer en matière de prévention et de contrôle de cette infection par l’éducation, ainsi que par l’offre vaccinale en pharmacie. Profitez d’ailleurs de vos consultations avec les femmes enceintes pour aborder la question avec elles.