Carole Cyr : une pharmacienne qui fait les choses différemment

Au printemps 2016, Carole Cyr ouvre une pharmacie communautaire innovante dans le quartier PointeSaint-Charles à Montréal. Aucune nourriture et aucun cosmétique ne s’y trouvent. Tous les médicaments, même ceux offerts en vente libre, sont derrière le comptoir. Les patients n’ont donc d’autre choix que de discuter avec leur pharmacien. Des conférences et des ateliers sont également offerts à la pharmacie.

Vous avez ouvert une pharmacie dont le modèle est assez distinctif. Quel est votre concept?

Je voulais créer un environnement stimulant, moderne, convivial et surtout très professionnel pour parler de santé. J’ai donc développé un modèle qui est un peu différent de ce que l’on voit aujourd’hui. L’expérience client est au cœur de ma démarche. Quand un patient entre dans la pharmacie, il se dirige tout de suite au comptoir des prescriptions, puisqu’il n’y a aucun médicament en vente libre accessible directement. Dans ce contexte, en suivant les conseils du pharmacien, les patients achètent les bons médicaments, au bon moment et à la bonne dose. Je souhaitais également moderniser la pratique en incluant en pharmacie de nouvelles technologies qui sont disponibles dans le domaine de la santé. Ma démarche est donc basée sur une diminution de la consommation de médicaments, sur la valorisation du travail du pharmacien et sur l’intégration des technologies. Portrait de pharmacien

La santé globale fait partie intégrante de votre vision. Comment aidez-vous les patients à améliorer leur santé?

Pour moi, il y a six axes qui composent ce que j’appelle l’hexagone de la santé globale. Ce sont l’activité physique, la nutrition, la qualité du sommeil, la gestion du stress, la médication et l’éducation. L’éducation est primordiale, puisque lorsqu’on comprend les raisons, on peut arriver à faire les changements nécessaires dans nos habitudes de vie. Mais pour y parvenir, il faut lutter contre docteur Google. Je me suis donc entourée de professionnels de la santé qui évoluent dans des domaines connexes. Par exemple, les patients peuvent prendre rendez-vous à la pharmacie pour rencontrer une nutritionniste ou une infirmière. On offre aussi des ateliers de yoga sur place et des conférences sur le stress sont données par un psychologue.

Qu’est-ce qui vous a amenée à être pharmacienne et à développer ce modèle particulier?

À 16 ans, j’ai travaillé dans une petite pharmacie et c’est comme ça que j’ai eu le déclic. Après mes études, j’ai travaillé 25 ans dans l’industrie pharmaceutique et je suis revenue ensuite à la pharmacie communautaire. J’avais donc pris un recul sur ce qui se faisait et j’avais un désir profond de faire les choses autrement. J’ai donc fait le pari de prendre toute mon expérience professionnelle pour réinventer la façon de faire de la pharmacie communautaire au Québec.

Quel est le plus gros défi dans un projet comme le vôtre et qu’est-ce qui est le plus satisfaisant?

Le plus gros défi, c’est le risque financier. On vit à une époque très difficile pour les pharmacies communautaires. Même si j’ai une bannière extérieure, je suis maître de ce qui se fait à l’intérieur de ma pharmacie. Toutes les décisions, c’est moi qui les ai prises. Le défi est là, mais c’était aussi mon choix. Et c’est une grande source de satisfaction. Je suis arrivée à créer quelque chose de vraiment différent que les gens apprécient. Et maintenant, je suis devenue consultante pour accompagner d’autres pharmaciens qui souhaitent reproduire ce modèle.

Sur une note plus personnelle, outre la pharmacie, quelles sont vos passions?

L’architecture et le design sont de grandes passions. Je me suis gâtée de ce côté avec la pharmacie. J’ai fait affaire avec un designer, mais on a travaillé ensemble, surtout pour bien intégrer les réalités du travail du pharmacien dans le concept. Mon autre passion, c’est l’art. Je peignais avant, mais maintenant je n’ai plus le temps. L’appel de mes pinceaux est cependant assez fort depuis environ six mois. Je me suis donnée comme défi de refaire une exposition dans environ deux ans!

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