Anne Julie Frenette : une pharmacienne qui aime repousser ses limites

Femme dynamique aux multiples intérêts, la pharmacienne Anne Julie Frenette partage son horaire entre sa pratique aux soins intensifs à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, l’enseignement et la recherche à l’Université de Montréal. Ses multiples fonctions rendent son quotidien peu banal, tout en lui permettant de relever de nombreux défis!

En quoi consiste votre travail aux soins intensifs?

Mon travail correspond à tout travail de pharmacien œuvrant au sein d’un hôpital. Bien sûr, l’étage des soins intensifs est différent pour les cas qui y sont traités, mais le fonctionnement de l’unité est semblable à celui de l’ensemble de l’hôpital. Mes tâches consistent à rencontrer les patients et à évaluer la situation. Un travail d’équipe s’ensuit avec les médecins, les résidents et les infirmières. Cette collaboration permet de conjuguer nos idées pour déterminer la ou les causes possibles des problèmes de santé du patient et proposer un choix de traitement. Il faut trouver des solutions en fonction des différents diagnostics et présenter des options proactives.

Quels sont les principaux défis associés à cette pratique et comment arrivez-vous à les relever?

D’abord, il faut se sentir à l’aise dans un milieu de soins intensifs et être en mesure de prendre des décisions rapidement. Il y a peu d’études d’envergure permettant de Portrait de pharmacien nous guider. Il faut donc savoir travailler avec un très haut degré d’incertitude. À mon avis, la clé du succès dans ce domaine se traduit par une excellente compréhension de la pathophysiologie. En comprenant bien la physiologie du corps humain, on arrive à mieux cibler ce qui se passe chez le patient. Personnellement, j’arrive à focaliser sur l’essentiel pour assurer mes interventions.

En plus de votre pratique aux soins intensifs, vous faites de l’enseignement pour la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. Qu’enseignez-vous?

J’enseigne la neurologie et la toxicologie au premier cycle. Ma spécialité étant la pharmacothérapie des soins intensifs, je donne plusieurs cours sur ce sujet aux étudiants à la maîtrise, ainsi que des cours d’analyse et critique de littérature. Je suis également codirectrice du programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée. Je dois dire que la pédagogie et les sujets connexes m’intéressent (psychologie, neuropsychologie, philosophie) : autant les méthodes pédagogiques s’appliquant à divers types d’apprenants que les difficultés d’apprentissage rencontrées par les étudiants de haut niveau. Comment l’être humain apprend-il ? Comment la transmission du savoir peut-elle stimuler la créativité chez l’étudiant ?

Jamais deux sans trois, vous faites aussi de la recherche! En quoi cela consiste-t-il?

Je prépare un doctorat dont la thèse est axée sur le maintien hémodynamique des donneurs d’organes après décès neurologiques. Le choix du sujet est le résultat d’un concours de circonstances. Il y a plusieurs années, sur une garde de nuit, un cas problème a surgi. Le personnel était impuissant devant la situation. Je m’étais investie dans ce cas et, en l’absence de références de littérature, j’ai dû tenter une intervention. Outre cet événement, le choix de mon sujet est lié à la cause elle-même. Compte tenu que des projets de recherche sur le sujet étaient déjà amorcés depuis quelques années, on m’a suggéré de débuter un doctorat en recherche. Je prévois terminer le tout dans deux ans.

Pourquoi avez-vous choisi de partager votre temps entre des fonctions aussi variées?

Je dirais que je suis une grande curieuse, qui aime la nouveauté et ressent le besoin d’élargir ses champs d’intérêt ! La pharmacie est un choix parmi d’autres. J’ai toujours été fascinée par le corps humain, qui est un véritable laboratoire, et par la nature, la biologie et la science de la vie. C’est dans cet esprit que je me suis orientée en soins intensifs. Toutefois, mes ambitions étaient toutes autres au départ alors que j’étais attirée par les arts, les langues et la photo (je voulais être photographe pour la National Geographic Society!).

Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie autre que la pharmacie?

Je fais du sport : bateau-dragon, ski. J’enseigne le yoga et j’aimerais étudier le yoga thérapeutique. J’adore faire de la musique, apprendre des langues et voyager. Je déborde d’énergie et ma passion, c’est en fait de sortir de ma zone de confort et de profiter pleinement des nouvelles activités et découvertes que j’ai la chance d’expérimenter! 

Liens d'intérêt
Documents téléchargeables