Sylvie Dansereau, pharmacienne à Kuujjuaq

Pharmacienne depuis 30 ans, Sylvie Dansereau aime sortir des sentiers battus. Il y a 10 ans, elle a décidé de tenter l’aventure de la pharmacie en région éloignée. Elle est pharmacienne au Centre de santé Tulattavik de l’Ungava, à Kuujjuaq.

Le fait d’avoir de l’expérience à la fois en établissement de santé et en pharmacie communautaire lui a permis de s’adapter rapidement à ses nouvelles fonctions. Comme dans plusieurs régions éloignées, l’établissement a une double vocation : servir les patients admis – il y a une dizaine de lits – et servir la population.

Sylvie Dansereau travaille à temps complet et vit huit mois par année à Kuujjuaq. « Je suis restée pour faire avancer des projets, comme celui de mettre en place un service pharmaceutique complet pour la population de la région. Actuellement, nous desservons six villages en plus de Kuujjuaq. Dans ces villages, les services pharmaceutiques sont assurés par les soins infirmiers. Actuellement, nous n’avons pas l’infrastructure nécessaire (locaux et personnel) pour absorber cette charge de travail. »

La grande particularité de travailler dans une région éloignée, c’est l’isolement physique, l’éloignement avec la famille, notamment pour ceux qui partent. C’est aussi apprendre à vivre avec l’isolement professionnel. Il faut être très à l’affût pour pouvoir réussir à imposer les standards de pratique avec les moyens mis à leur disposition.

« Travailler avec la population inuite est très enrichissant, mais ô combien difficile, même pour les gestes les plus simples de la pratique. Expliquer l’utilisation d’un aérosol à un patient qui ne parle que l’inuktitut par l’entremise d’un traducteur qui ne sait pas à quoi ça sert, c’est tout un défi ! Le conseil fait partie de notre travail, mais les gens ne le reçoivent pas facilement. Il a fallu développer un lien de confiance pour être capables de passer notre message. »

Pour l’avenir de la pharmacie dans le Grand Nord, il y a beaucoup de travail à faire et même si les choses bougent plus lentement, Sylvie Dansereau reste optimiste. « La population comprend mieux notre rôle et le fait qu’on peut lui offrir des services adéquats crée des pressions favorables à une évolution. »

Qu’est-ce qui passionne Sylvie Dansereau en dehors de la pharmacie? « Mon travail est ma grande passion, mais je ne pourrais pas me passer de la musique classique, essentielle à ma sérénité, ni des promenades au grand air avec mes deux chiens, hors des sentiers battus ! »
 

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